
La revue internationale
médico-chirurgicale
issn : 3073-4061 doi : 10.70602

Pneumocystose pulmonaire chez les patients vivant avec le VIH vus au service des urgences du Centre Hospitalier de Gonesse
Trefinjara IIW, Raharihasinarindra JNF, Ralison F, Tsilitsiky SMJ
1 Service d’accueil et d’urgence, UHCD au CH de Gonesse, France
2 Interne Qualifiant, Faculté de Médecine d’Antananarivo, Madagascar
3 Professeur titulaire en Médecine interne, Faculté de Médecine de Mahajanga
4 Service Médecine interne,Maladies infectieuses et Dermatologique, Faculté de Médecine d’Anstiranna
Résumé
Introduction : La pneumocystose pulmonaire demeure une infection opportuniste grave chez les patients immunodéprimés, particulièrement chez les personnes vivant avec le VIH ayant une immunodépression avancée. Malgré l’amélioration des traitements antirétroviraux, cette pathologie reste associée à une morbi-mortalité importante, surtout en cas de retard diagnostique. L’objectif de cette étude était de décrire les aspects cliniques, diagnostiques, thérapeutiques et évolutifs de la pneumocystose pulmonaire observée aux urgences du Centre Hospitalier de Gonesse.
Matériels et méthodes : Il s’agissait d’une étude rétrospective descriptive réalisée au service des urgences du Centre Hospitalier de Gonesse sur une période de 5 ans allant de janvier 2021 à décembre 2025. Ont été inclus les patients âgés de plus de 18 ans présentant une pneumocystose pulmonaire confirmée biologiquement ou fortement suspectée sur des arguments clinico-radiologiques. Les variables étudiées comprenaient les données sociodémographiques, les antécédents, les manifestations cliniques, les examens biologiques et radiologiques, la prise en charge thérapeutique ainsi que l’évolution clinique.
Résultats : Au total, 32 patients ont été colligés durant la période d’étude. L’âge moyen était de 41,3 ans avec une prédominance masculine de 62,5 %. La dyspnée progressive représentait le principal motif de consultation (84,4 %), suivie de la toux sèche (78,1 %) et de la fièvre (65,6 %). Une hypoxémie sévère avec SpO₂ < 90 % était retrouvée chez 53,1 % des patients. Le scanner thoracique montrait des opacités diffuses en verre dépoli dans 87,5 % des cas. La PCR sur lavage broncho-alvéolaire était positive chez 71,9 % des patients. Le traitement reposait principalement sur l’association TMP-SMX et corticothérapie adjuvante. L’évolution était favorable chez 75 % des patients tandis que la mortalité hospitalière était de 12,5 %.
Conclusion : La pneumocystose pulmonaire reste une affection sévère chez les patients VIH avec immunodépression avancée. Le diagnostic précoce et l’instauration rapide du traitement améliorent considérablement le pronostic. Le renforcement du dépistage VIH et l’accès aux moyens diagnostiques spécialisés demeure essentiel.
Mots-clés : Pneumocystose; VIH; Infection opportuniste; Urgences; Hypoxémie; Pneumocystis jirovecii
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