
La revue internationale
médico-chirurgicale
issn : 3073-4061 doi : 10.70602

Quand la tuberculose détourne l’attention : une maladie de Whipple cachée en pleine lumière
Chaymaa Sollah, Khadija Echchilali, Leila Barakat, Mina Moudatir, Hassane El Kabli
Service de médecine interne, CHU Ibn Rochd de Casablanca
Résumé
La maladie de Whipple constitue une entité infectieuse systémique rare, dont l’hétérogénéité clinique explique la fréquence des retards diagnostiques, en particulier lorsqu’elle s’associe ou se superpose à d’autres pathologies granulomateuses telles que la tuberculose. Nous rapportons le cas d’un homme de 51 ans chez lequel une tuberculose ganglionnaire histologiquement confirmée a été initialement retenue, mais dont l’évolution a été marquée par une amélioration incomplète sous traitement spécifique. La survenue secondaire d’une uvéite postérieure cortico-résistante, l’apparition d’un syndrome de malabsorption sévère et la persistance au scanner d’adénopathies abdominales à centre graisseux ont motivé une réévaluation diagnostique. Les biopsies digestives répétées, analysées avec coloration PAS, ont permis d’établir le diagnostic de maladie de Whipple disséminée, associée à une endocardite à hémocultures négatives. L’instauration d’un traitement séquentiel par ceftriaxone, puis doxycycline et hydroxychloroquine, a conduit à une amélioration clinique et biologique significative.
Ce cas illustre l’importance d’intégrer la maladie de Whipple dans le diagnostic différentiel des tableaux multi-systémiques atypiques, ainsi que le rôle déterminant de l’imagerie et de la réévaluation histologique dans l’orientation diagnostique.
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